GRUPO DE ESTUDOS EDUCAÇÃO & MERLEAU-PONTY (GEMPO)

Portal do GPMSE/GEMPO: Estudos Educação e Merleau-Ponty

ARTE

Arte de Claudyo Casares.

Claudyo Casares: releitura de “A Dança” Matisse

Arte exclusiva realizada por Claudyo Casares para o Simpósio Internacional Merleau-Ponty Vivo!

Conheça a obra deste autor:

galeriaaberta.ning.com/profile/ClaudyoCasares543

Claudyo Casares (Artista Plástico)

 Claudyo Casares -imagem acima em seu atelier –  é autor da obra de releitura de “Dança” de Matisse, obra inédita realizada pelo artista para o Simpósio Internacional Merleau-Ponty Vivo. Claudyo realizará exposição de algumas obras suas, durante o evento Simpósio Merleau-Ponty Vivo!

Conheça ainda neste site pintores suas obras e a relação com a estética de Merleau-Ponty, veja telas de Cézanne, Matisse, Chagal e Claudyo Casares. Clique aqui.

 

A vida de um  filósofo

“Merleau-Ponty morreu…”

L E T T R E S

Carta de Colette Audry 

«‘L’homme qui s’éveille et qui parle’ – ainsi définissant lui-même le philosophe – s’est endormi. Colette Audry tente mesurer ce que nous perdons”»

Ici-même, il n’y a pas cinq mois, nous avons parlé de lui.

«“Signes”, son dernier livre, avait débordé le circle intimidant des philosophies qui le suivant depuis le début; débordé aussi le groupe des politiques que “Humanisme et Terreur” et “Les Aventures de la dialectique” lui avaient amenés [...]. Par ce livre, Maurice Merleau-Ponty n’apparaissait plus seulement comme um philosophe: il devenait um penseur, c’est-à-dire um écrivain capable de nourrir la réflexion de ses contemporains [...].

“Signes” etait un anneau dans la chaîne des “oeuvres de Merleau-Ponty”, um chaînon dans le développement d’une philosophie qui est elle-même perception du monde. Um chaînon dans le développement d’une philosophie de l’expression (expression qui est encore une certaine sorte de perception): langage articulé et image sensibile, écriture et peinture, parole e voix du silence; dans son approche de la fonction symbolique, “source de toute raison et de toute déraison”, qui preside à toutes les aventures individuelles, à toutes les formes de langage aussi bien qu’à toutes les structures collectives de l’homme; lieu où se rejoignent sociologie, linguistique er psychologie, véritable racine de l’antropologie”.-

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Délivrer la source

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C’etait un moment de sa pensée et de tout lui-même: um moment de ses rapports avec Sartre et avec leur commune jeunesse[...]; um moment de sa vision politique où, se glissant hors du chaos, du déchirement et du désespoir de l’époque, il annonçait um monde en voie d’unification [...]. On eût dit qu’il était à la veille de conquérir l’impossible: d’enserrer dans le filet de ses mots l’infinie richesse de l’univers. A cause de cette extrême agilité, on le dit volontiers “brillant”. Il ne visait pas au brillant mais à l’exhaustif qui d’ordinaire exclut le brillant e chez lui ne l’excluait pas. Il est de ces écrivains qui se gardent d’élever la voix afin de mieux écouter, tandis qu’ils parlent les yeux ailleurs, non ce qu’ils disent, non pas le son de leur voix, mas ce qu’ils vont dire et qui n’est que “l’excès de ce que nous vivons sur ce qui a déjà été dit”. Et quand on arrivait à la dernière phrase du “Langage indirect et les voix du silence”: “Ce qu’on cherche trop délibérément, on ne l’obtien pas; et les idées, les valeurs ne manquent pas ao contraire à celui qui a su, dans sa vie méditante, en délivrer la source spontanée”, on avait le sentiment que cette source-là ao moins était délivrée. On pensait à lui comme à un être parvenu en un point d’une courbe largement ouverte mais qui déjà esquissait sa plénitude, et dont on se represent la suite en pointillé.-

Pour être un homme

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La mort ne l’attendait pas ao tournant d’une route comme un franc-tireur; elle n’a pas pénétré en lui au hasard d’une contagion. Invisible, indécelable par lui et par la science humaine, elle était absente l’instant d’avant, et, tout à coup, elle s’est trouvéé là. Elle a joué comme um déclic, et les possibilités sont devenues autant d’impossibilités [...].
On hesite à parler de lui, qui se dérobait. “Qui ame être scruté?”, interrogeait-il. Car il considérait que ce n’était pas grande-chose que lui-même en dehors de l’effort de sa pensée. Il a écrit que “pour être tout à fait un homme, il faut être un peu plus et um peu moins qu’un homme”, mais il ne prenait pas son parti de cet “un peu moins” trop humain, qu’il appelait um jour “le plus faible et le plus desolant”. Em prendre son parti eût été pour lui une autre façon de ne plus être un homme. Peut-être s’en serait-il consolé s’il avait pu considerer la philosophie comme une activité privilégiée, mais c’est une chose que nous avons tout appris à ne plus croire, et il était particulièrement attentif à ne jamais se laisser regagner par ce confort. “Il est plus difficile de vivre que d’écrire des livres”. C’est pourquoi écrire ne dispense pas de vivre. Or on vit toujours mal”.-

Le tragique de vivre

 

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Et, d’une certaine façon, personne n’est plus mal à l’aise dans la vie qu’un philosophe, parce qu’il est ainsi fait – il s’est ainsi fait – qu’il a perpétuellement à vivre sa vie à distance, et de l’intérieur pourtant. Jamais tout à faire dedans ni dehors. Ainsi la distance est-elle toujours fausse. Tout philosophie qui s’est voué à comprendre n’est pas délié pour autant de la nécessité de choisir, c’est-à-dire d’agir. Seulement, il ne se sentira jamais coller parfaitement à se actions, car, em même temps qu’ils les accomplit, elles prennent figure d’actions, à ses yeux et à ceux des autres [...]. Certes, “l’homme d’action non plus n’est pas toute d’une pièce”, mais tout contribue à le lui faire oublier, à lui faire passer les moments de doute, d’hésitation et d’ironie au compte de ces besoins de détente et de réparation que sont la nourriture et le sommeil. Tandis que pour le philosophe, quel que soit son degré d’engagement, le doute et l’ironie sont toujours “une tâche”. C’est pourquoi “la philosophie peut être tragique, puisqu’elle a son contraire en soi: elle n’est jamais une occupation sérieuse”. L’homme sérieux s’engloutit dans le vécu, il fair corps avec son acte ou sa passion, il se met – ou croit se mettre – tout entier dans ce qu’il fait; cette adhérence parfaite est refusée au philosophe. Ainsi le poids du tragique est-il chez lui inversement proporcionel à celui du sérieux, le tragique étant, en ce qui le concerne, la reconnaissance du conflit et du déchirement, leur incessante réactivation, l’affrontement inéluctable des contraires. Peut-être l’expérience fondamental de Maurice Merleau-Ponty fut-elle cette familiarité avec le tragique, autrement dit cette difficulté à vivre du philosophe [...].

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L’image de l’ami

 

De la gravité du malaise on était parfois inopinément averti par une phrase glissé em cours de conversation ou au milieu d’une lettre. Il vous remerciait d’un article comme d’une preuve d’amitié: “cela m’aide à persévérer dans mon être”[...].
Lui-même a raconté, écrit Jean Lacroix, que, militant de la jeunesse étudiante catholique, il prenait au sérieux toutes les exigences de sa foi” [...]. Lorsqu’il fut reçu à l’Ecole Normale Supérieure il proteta violemment contre les chansons grivoises qui étaient traditionnelles. Au jour du bizutaque on voulut le brimer, mais un ancien, admirant son courage, s’interposa et le pris sous sa protections: c’était Jean-Paul Sartre. De là datait leur amitié. “Je l’ai connu (Sartre), note Merleau-Ponty, dans “Sens et non-sens”, il y a vingt ans, un jour que l’Ecole normale se déchaînait contre un de mes camarades et moi [...]. Et certes, le récit est écrit vingt ans après l’incident, distance à laquelle on peut raisonnablement sourire de sa jeunesse; à un âge où il s’etait depuis longtemps éloigné du catholicisme et où nul ne peut se croire tenu de témoigner pour ses opinions à l’audition de chansons obscènes. Mais on n’en est pas moins frappé par l’absence total soit de complaisance, soit, à l’opposé, de confusion à l’égard du personnage qu’il joua ce jour-là. Tout est remis à sa place au profit de ce qui seul devait rester vivant: le souvenir d’une amitié naissant et l’image de l’ami.
Cette faculté de se déprendre de soi em faveur de l’autre allait loin. L’une de nos dernières rencontres eut lieu à l’automne. Nous sortions, Claude Lefort, lui et moi, de la Féderation de l’Enseignement où nous avions très laborieusement achevé de mettre au point l’Appel pour une paix négociée qui déniait au pouvoir le droit d’invovoquer la legitimidade de l’Etat, “quand le Pouvoir lui-même ruine l’exercice des droit démocratique, quand le mépris des lois est éclatant chez une partie des officiers”. Ce texte devait son existence au fait qu’aucun de nous n’avait cru devoir signer le Manifeste des 121, qu’aucun de nous non plus n’entendait le condamner ni l’ignorer. C’était notre base commune, à partir de laquelle chacun s’orientait selon la place, l’activité, les perspectives qui etaient alors les siennes.

“Sacré Sartre”

 

[...] De toute façon, rien ne nous empêchait et ne nous empêche encore de mesurer la puissance explosive du texte des 121. Nous ressassions tout cela avant de nous séparer. Merleau-Ponty s’arrêta au milieu de la chaussée et dit: “Sacré Sartre”. Tout à coup nous nous sommes vus nous-mêmes, dans notre pétrin. Nous avions bonne mine, même si nous avions raison [...].
Une chose l’étonnait, c’était d’être si mal compris quand il abordait les problème politique dans le seul esprit qui devait, à seus yeux, être le sien: l’esprit philosophique tel qu’il le concevait et que nous nous avons essayé de décrire. Il publie “Humanisme e Terror”: on le croit converti au marxisme et à l’action militante, des étudiants communiste l’attendent dans leur parti, des oppositionnels dans le groupes.

L’engagement-

 

Chaque fois qu’il écrivait sur un problème d’actualité, on lui reprochait le parti qu’on croyait qu’il avait pris – ou refusé de prendre – et sur lequel, du reste, ses lecteurs ne s’entendaient pas. Mais ce n’était pas exactement une prise de parti qu’il visait: il entendait d’abord se rendre compte et rendre compte pour éclairer toutes les prise de parti, y compris la sienne. Ce faisant, au lieu de trancher un problème, il lui arrivait de le désarmorcer, ainsi que l’a précisément montré “Humanisme et Terreur”.-

Depuis qu’est paru ce livre, et quel que soit le camp où l’on se trouve, l’opposition stalinisme-trotskysme a reçu um autre éclairage, on ne peut plus l’envisager tout à fait comme on le faisait auparavant. L’engagement du philosophe, c’était cela pour lui, cela consistait à ne refuser aucune question, mais à “vendre la mèche” tout le fois que possible afin que les autres comprissent de quoi il retournait. A partir de là, les choix auxquels il pouvait etre amené, et certains furent inconditionnels (pour la Résistance, contre la torture) faisaient un peu figure à ses yeux d’affaire privées. Il semblait n’en devoir compte qu’à lui-même. Il se déclarait contre la torture, comme il refusait la Légion d’honneur.

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La violence

 

[...]Il ne voyait dans la violence que confusion, ténèbres et “crises de nerfs”. La violence accoucheuse des sociétés lui demeurait étrangère. Mais de tout cela il ne s’expliquait guère, persuadé d’avance qu’il ne serait pas entendu. Et certes, il vient toujours des moments de silence, entre compagnons, des moments où le dialogue s’interrompt. Mais avec lui on pressentait, en dessous des silences temporaires, comme en-dessous des paroles formulées, une couche plus profonde de silence dont il s’enveloppait et qu’il opposait aux arguments telle une fin de non-recevoir. Comme si toute parole allait nécessairement se réveler trop frivole, mensongère et obscurcissante dans ce monde où nous vivons, qui est un monde sauvage.

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Visible et invisible

 

“Les choses son là, non plus seulement comme dans la perspective de la Renaissance, selon leur apparence projective et selon l’exigence du panorama, mais au contraire debout, insistantes, écorchant le reagrd de leurs arêtes … Les autres aussi sont là (ils étaient déjà là avec la simultaneité des choses) non pas d’abord comme esprit, ni comme ‘psychisme’, mais tels par exemple que nous les affrontons dans la colère ou dans l’amour, visages, gestes, paroles auxquels, sans pensée interposée, répondent les nôtres [...] chacun prégnant des autres et confirmé par eux dans son corps. Ce monde baroque n’est pas une concession de l’esprit à la nature: car si partout le sens est figuré, c’est partout de sens qu’il agit. Ce renouveau du monde est aussi le renouveau de l’esprit, redécouverte de l’esprit brut qui n’est apprivoisé par aucune des cultures, auquel il est demandé de créer de nouveau la culture”.
Ce monde sauvage à redécouvrir, ce ne sont pas les conversations ni les discussions qui nous en permettent l’accès. Il ne sera constitué que par l’exploration patiente du philosophe attentif à delimiter l’envers et l’endroit, la face de jour et la face de nuit des choses (Jean Hyppolite décelait dans “Signes” un côté nocturne de Merleau-Ponty), les zones du “Visible et de l’Invisible”.

Ce monde sauvage à redécouvrir, ce ne sont pas les conversations ni les discussions qui nous en permettent l’accès. Il ne sera constitué que par l’exploration patiente du philosophe attentif à delimiter l’envers et l’endroit, la face de jour et la face de nuit des choses (Jean Hyppolite décelait dans “Signes” un côté nocturne de Merleau-Ponty), les zones du “Visible et de l’Invisible”.

Túmulo do filósofo Maurice Merleau-Ponty

 

C’etait le titre du livre qu’il est mort sans avoir achevé.
Colette Audry
L’EXPRESS, 11 mai 1961
Digitado e postado por Fabio Di Clemente (UFMT)
06/03/2011

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